La guerre de la deuche avec la quatrelle
« 2CV-4L, la guerre des petites voitures », par Thierry Czajko, est un vrai documentaire qui présente la longue rivalité entre la deuche et la quatrelle.
Mais c’est un faux « bon documentaire ». Il est assez pourri, quoiqu’il présente un impressionnant nombre d’images d'époque, en partie confidentielles. Car entre Citroën et Renault, la guerre était plutôt chaude. Chaque nouveau modèle était comme le prochain iPhone : un secret absolu. Des tarés, je vous le dis.
Je n’ai jamais compris cette passion folle pour la deuche. Certes, elle était une merveille d’ingéniosité technique. Il n’est pas facile d’obtenir autant de résultats avec si peu de pièces. Citroën y est également parvenu avec la DS. (Sur la Citroën DS, la roue ne tenait que par un seul écrou central !) Mais c’est à peu près tout. La 2CV était extrêmement moche. Si en 1948, c'était acceptable, vouloir la vendre jusqu’à la fin des années 80 (et réussir !) relève de la folie.
En revanche, j’ai beaucoup aimé la Renault 4. Elle aussi était une merveille, vu sa simplicité constructive. Plus chère, évidemment, mais pas si moche que ça, à la fin. La première « hatchback », en fait.
Les deux constructeurs automobiles se sont guerroyés pendant des décennies. « Ma bite est plus longue que la tienne, et il faut que tout le monde préfère ma bite. » Non, mais ça ne va pas la tête ?! Les deux ont lancé des dizaines d’autres modèles de succès, mais leur obsession pour ces « Dacia Logan » de l'époque était pathologique.
Ce documentaire retrace l’histoire de la maladie mentale en France, notamment au sein de Citroën (et de PSA).
Et il favorise, sans aucune doute, la deuche. Même aujourd’hui, la 2CV semble magique. Elle ne l’est pas. C’est une merde à l’air de 1937 !
Facile à réparer ? Sans doute. Robuste ? Pas si sûr. Quand sa boîte de vitesses s’était cassée en plein désert d’Atacama, au Chili, parce qu’il n’y avait plus d’huile, ben, pourquoi l’huile était partie ?
Après tous ces éfforts gargantuesques et ubuesques, les deux modèles on dû jéter l’éponge. Sauf que la R4 partait pour faire place à la nouvelle R5 (un autre succès monstre !), alors que la 2CV était partie sans aucun remplaçant direct ! Mais le documentaire n’en dit rien, car il doit embellir l’image de la quatrelle !
Un autre manque : ce documentaire passe trop rapidement sur la débilité dictatoriale du plan Pons. Un tel dirigisme dans un pays dite libre, c’est impensable ! En fait, il me rappelle le plan économique soviétique, dit « Plan Valev », proposé en 1964 (voir ici et ici).
La France n’a peut-être jamais été une vraie démocratie. À ce titre, visionnez ce documentaire en deux parties sur le canal YouTube de Public Sénat : La France de l’après-guerre : 1944-1953, sortir de la guerre et La France de l’après-guerre : 1953-1962, les rêves fragiles. Et rappelez-vous du massacre du 17 octobre 1961. Finalement, non, l’Algérie n’était pas la France, cher ministre de l’intérieur François Mitterrand. Le 5 novembre 1954, comme toujours, la République Française était une merde d’empire colonial. Et elle était prête à torturer et à assassiner.
Mais bon, la deuche, cette fée qui n’a pu devenir déesse, et, par ce fait, n’a pas intégré le Panthéon de Roland Barthes, son recueil « Mythologies » de 1957...